Joie & Tristesse

Être infiniment parfait

18 octobre 2017
ridicule

J’aurais aimé être un ange, pour voir l’effet que ça fait.
C’est vers l’âge de cinq ans que je me serais transformé.
Mes ailes auraient poussé, ce jour où ma vie s’est envolée.
Alors, on ne m’aurait plus jamais rien reproché.
Puisque je n’aurais plus eu de sexe, et c’est parfait…

No body is perfect.

J’aurais échappé à cette peur immense de ne pas être aimé.
Cette angoisse permanente en moi, profondément dissimulée.
Avec le souffle court, les boyaux qui se tordent… sans discontinuer.
En attendant, j’ai mis toute mon énergie à vouloir être infiniment parfait.

Et c’est d’abord sur les bancs de l’école que tout a commencé.
Viser l’excellence : pas pour être le meilleur, juste pour se rassurer.
Vingt sur vingt : la tentation du succès, d’être unanimement apprécié.
C’est à ce moment-là que mon hyper-perfectionnisme s’est développé…
Ainsi, tel un trouble obsessionnel bien enraciné, il ne m’a plus jamais quitté.

Une véritable « tyrannie de l’esprit », selon les mots du film Ridicule, parmi mes préférés.
Ce scénario dans lequel, pour plaire à sa Majesté, briller est devenu une absolue nécessité.
À tel point que les apparences se mettent à tout diriger, quitte à atteindre les pires extrémités.
Jusqu’à ce que les illusions finissent par tomber, pour se rendre compte que tout n’était que vacuité.
Vain sur vain : mais ce n’est pas une fatalité, pourvu qu’on soit amené – un jour – à faire face à la réalité.

Et un ange passe…

 

Ridicule – Patrice Leconte

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