Joie & Tristesse

Succès fou

12 juillet 2017
casino-royale

Il y a quelques semaines, m’est revenu en mémoire un des souvenirs les plus pittoresques de mon adolescence.

J’étais au collège et je faisais partie du Club Théâtre. Pour la représentation de fin d’année, je m’étais retrouvé à interpréter seul sur scène (en play-back), la chanson « Succès fou » de Christophe. Refrain :

« Avec les filles j’ai un succès fou. Ouh ouh ouh…
Le charme, ça fait vraiment tout. Ouh ouh ouh…
Un p’tit clin d’œil pour un rendez-vous. Ouh ouh ouh… »

Mais qu’est-ce qui avait bien pu me passer par la tête, à l’époque ?!

D’autant que nous avions également joué le spectacle dans mon ancienne école primaire, située juste à côté. Et là, je n’oublierai jamais – mais alors vraiment jamais – les regards et les réactions de mes instits, à la fin :

« Mais c’est toi Olivier, si timide et si réservé, qui a osé te lâcher comme ça ? »

Ils n’en revenaient pas ! Et moi non plus du reste… Même encore aujourd’hui, avec le recul.

Mais sur scène, tout est toujours tout permis ! Donc je crois qu’en me mettant dans la peau de ce personnage, j’avais surtout un message à me faire passer. (De toute évidence, mon inconscient manifestait déjà un certain sens de l’ironie et du second degré !)

Car dans la « vraie vie », mon rapport aux filles – et aux garçons – était en soi un tout petit peu plus compliqué ! De fait, autour de mes 5 ans, Œdipe était passé par là…

NB : les citations sur le Complexe d’Œdipe sont issues de cet article « L’Œdipe : c’est quoi exactement ? » (Parents.fr)

« Tous les enfants traversent une période pendant laquelle ils éprouvent des sentiments d’amour violent envers le parent du sexe opposé et de la jalousie envers le parent du même sexe. En clair, les petits garçons sont amoureux de leur mère et rivalisent avec leur père. (…) Tous ses mouvements sont inconscients et involontaires, bien évidemment. »

Ça, c’est le cas « classique », quand tout se passe à peu près bien ! Mais parfois, ça prend une autre tournure… Par exemple, quand le petit garçon en question n’est pas – à la base – censé être un garçon, justement.

Et là, c’est le drame…

« A contrario, un Œdipe vécu de façon compliquée, mal résolu, peut conduire à l’émergence de névroses obsessionnelles, de comportements phobiques… »

Dès lors, tout se met à s’enchaîner dans un mécanisme implacable, un cycle infernal, année après année :

Traumatisme.
Angoisse.
Névrose.

Non-dit.
Non-géré.
Non-digéré.

Illusions.
Confusions.
Frustrations.

Etc.
Etc.
Etc.

Donc, comme son nom l’indique : le « Complexe d’Œdipe », c’est pas toujours simple en effet !
Mais petit à petit, en se faisant bien aider, on peut quand même parvenir à s’en dépatouiller…

Jusqu’à ce qu’un jour, peut-être, le succès qui se jouait sur scène devienne aussi réalité ?

Pour se sentir alors – plus ou moins ! – comme James Bond dans « Casino Royale » :

– Good evening, sir, and welcome back. (Bonsoir, Monsieur, heureux de vous revoir)
– Welcome to my home. (Bienvenue chez moi)

Et déjà, ma véritable identité n’a plus aucun secret :

« Mon nom est Rollin… Olivier Rollin. »

The end.

 

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