Amour & Haine

Voué à pardonner

9 avril 2017
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Le week-end qui s’achève, je viens de le passer à la montagne, en famille. Plus de vingt-cinq ans que je n’avais pas mis les pieds sur des skis ! Mais tout est revenu très vite, je m’en suis plutôt bien sorti et j’en suis assez fier. Bon, les muscles l’ont bien senti… Donc pour me ressourcer, je décide hier d’aller faire un petit tour aux Bains.

En chemin, juste avant d’arriver aux thermes, je passe devant une librairie. Dans un présentoir sur le trottoir, un livre de poche attire mon attention, avec ce gros titre écrit en rouge sur la couverture : « Même pas mort ». Je souris. À huit jours de la résurrection de Pâques, l’occasion est trop belle.

Là, le résumé m’apprend qu’il s’agit d’un récit autobiographique sur la mort d’un père, le deuil, le manque…

Bien, bien, bien.

Je parcours quelques pages, le livre n’a pas l’air dénué d’humour, je ne résiste pas plus longtemps. À la lecture, je découvre que l’auteur est en fait concepteur-rédacteur dans une agence de communication, comme moi (toutes proportions gardées). Alors je plonge dans ses mots avec encore plus d’intérêt, souvent bouleversé :

« Je contiens trop de larmes chaudes, j’ai besoin de les diluer dans la fraîcheur du lac, me laver du chagrin, les pieds dans l’eau saumâtre, la tête dans le ciel, et, par ce baptême, renaître à moi-même. »

« Même pas mort » de François d’Epenoux

À point nommé, ce livre vient rejoindre toutes les images, les pensées et les émotions qui se bousculent en moi depuis plusieurs semaines, dans un grand ménage de printemps qui a commencé à se manifester, ces derniers temps, au plus profond de mon intériorité. Avec cette évidence désormais : l’absolue nécessité de pardonner.

Pardonner à celle dont les mots ont causé tant de mal.
Pardonner à celui dont les non-mots ont causé tant de manque.

Ainsi, déterrer les angoisses, les renoncements, les absences qui en ont découlé.
Désamorcer leur emprise secrète, désactiver leurs influences masquées.

Endurer pour pouvoir pardonner.
Faire du beau avec du laid.
Alchimie de l’esprit.

« Mais j’ai du mal à vous le dire
Tellement honte d’en sourire
Heureusement que j’ai eu mal
Tout ça était fatal
(…)
S’il me reste un sanglot
Une petite lampe allumée, dans mon âme
Je les offrirai aux autres
Je me suis pardonné »

« Je me suis tellement manquée » de Véronique Sanson

Voilà donc l’enjeu : affronter la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
L’accepter. Pour la bonne cause. Pour que le sacrifice n’ait pas été vain.

Pouvoir terminer ce travail de deuil. Jusqu’à retourner dans la lumière.

Le jeu en vaut la chandelle…

« Père. Mère. Vous luttez toujours dans ma tête. Et vous continuerez.
Un jour, on s’écroulera en larmes et on comprendra toutes ces choses.
Guide-nous jusqu’à la fin des temps. Sans amour… la vie passe comme un éclair. »

 « The Tree of Life » de Terrence Malick

 

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