Colère & Patience

Et la lumière fut

4 mars 2017
big-bang

Comme mon père, je ne crois pas en Dieu. J’ai pourtant grandi dans la tradition chrétienne, catéchisme inclus. Mais je n’ai jamais lu la Bible, encore moins « L’Apocalypse de Jean », qui conclue le Nouveau Testament.

C’est donc aujourd’hui, en préparant cet article, que j’ai découvert – merci Wikipédia ! – qu’étymologiquement le terme apocalypse signifie en réalité dévoilement ou révélation.

« La révélation de Jean » : ah d’accord, en effet, ça ne pouvait pas mieux coïncider…

[ FLASH-BACK ]

En 2012, est sorti en France le roman « La Formule de Dieu ». Je l’ai lu car il m’avait été conseillé. (Merci J.M. !) Dans cette histoire, l’auteur imagine l’existence d’un manuscrit secret d’Albert Einstein, qui remonte jusqu’au Big Bang, pour prouver que la naissance de l’Univers et l’existence de Dieu sont scientifiquement liés.

J’avais beaucoup aimé ce livre, à tel point que j’avais décidé de le prêter à mon père…

Première fois de ma vie que je faisais un truc pareil. Car à cette époque, mon père et moi, nous n’avions jamais partagé grand chose… Mais je l’avais déjà entendu s’intéresser aux théories quantiques et à l’astrophysique, donc j’étais persuadé que ce livre allait lui plaire aussi. Et je ne m’étais pas trompé.

Or, dès ce moment-là, j’ai commencé à sentir confusément que quelque chose d’autre était en train de se jouer.

Preuve en est : j’ai aussitôt prêté le livre à mon psy. Ce qui, de manière totalement incompréhensible pour moi, a été très difficile… J’ai eu extrêmement honte, sans savoir pourquoi. J’avais juste l’impression de sortir du cadre de la thérapie, de tout transgresser. Pourtant, je ressentais le besoin vital de le faire, c’était plus fort que moi.

Depuis, je n’avais jamais récupéré ce livre et n’en avais même jamais reparlé. Jusqu’à il y a quelques semaines. Lors de la séance du 2 janvier 2017, voici la première phrase que j’ai prononcée, en guise de bonne résolution :

« Mon objectif cette année, c’est d’en finir avec toute cette honte,
même si je ne sais toujours pas de quelle honte il s’agit… »

Mi-février, sentant la fin de ma psychanalyse approcher, j’ai commencé à repenser à ce fameux bouquin et me suis mis à vouloir – enfin – le récupérer. Toujours avec beaucoup de gêne, j’ai entrepris d’en reparler à mon psy, qui m’a d’ailleurs replongé en plein doute. Car il m’a répondu que ça ne lui disait rien, mais qu’il allait regarder.

Quelques jours plus tard, je reviens à la charge et il m’annonce alors qu’il a bien cherché mais n’a rien trouvé… Je suis très perplexe, du coup il me demande de quoi parlait ce livre, et là je m’entends lui répondre ceci :

« Je crois que c’était sur la vie de Jésus, mais je ne me souviens plus du titre. »

Sur la vie de Jésus ?! Pas du tout !… En fait, je me rends compte que j’ai confondu deux livres du même auteur… En effet, après « La Formule de Dieu », il avait écrit aussi « L’Ultime secret du Christ » (que j’avais lu également).

Mais cette inversion dans mon esprit était-elle une simple erreur ? Ou plutôt un indice ? Un message délibéré ?

Le dimanche suivant, je suis allé me balader sur la plage, en fin de journée. Je l’avais prévu depuis plusieurs jours auparavant. Je pressentais qu’il allait se passer quelque chose, sans savoir du tout de quoi il s’agissait. Déjà sur la route dans la voiture, l’émotion a commencé à monter. Et de façon assez mystérieuse, je n’arrêtais pas de me répéter en boucle : « J’ai l’impression d’aller en pèlerinage, j’ai l’impression d’aller en pèlerinage. »

De fait, c’est sur cette plage que j’ai passé plusieurs étés de mon enfance, avec mon père, ma mère, mon frère.

En arrivant là-bas, j’ai commencé à marcher et m’éloigner vers un endroit désert où je serais absolument seul. Face aux vagues, face à moi-même. Tout d’un coup, je suis tombé à genoux et, sans la moindre préméditation, je me suis mis à écrire sur le sable. D’abord une première phrase :

« Je n’en peux plus de lutter. »

Puis une deuxième, aussitôt après, juste à côté :

« Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? »

Et c’est là que tout a surgi, je n’ai rien vu venir. Une seconde avant, je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver. Je me suis mis à tout évacuer, à tout expulser. Je me suis littéralement mis à hurler à la mort, comme un damné. « Comme un loup, comme un roi, comme un homme que je ne suis pas… » (Merci Lara !)

Puis, je me suis calmé.

Soulagé, vidé, apaisé, je suis retombé à genoux. Et ma main a commencé à écrire une troisième phrase :

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Dès lors, tout est reparti de plus belle. Déchaînement d’émotions. Déferlement de larmes, de cris, de fureur… Je n’avais jamais, jamais, jamais exprimé ça. En tous cas, jamais avec une telle intensité, une telle urgence.

Assez rapidement, je me suis bien sûr rendu compte que cette phrase ne sortait pas vraiment de nulle part… Que je la connaissais déjà, qu’elle me disait vaguement quelque chose. Un rapport avec Jésus sur la croix, je crois. Mais je n’en étais pas totalement sûr. Alors en rentrant chez moi j’ai  vérifié, et c’était bien ça en effet…

Une référence à Jésus, encore.
Mais pourquoi ?

Quatre jours après, le jeudi soir, j’étais invité à un repas d’anniversaire. Malgré la fatigue, j’y suis allé quand même. J’ai passé un très bon moment, bu un seul verre d’alcool, bien discuté. Vers minuit on s’est tous quittés. Je suis rentré, je me suis couché mais là, impossible de m’endormir… J’ai commencé à ne pas me sentir bien du tout, à pleurer sans savoir pourquoi, à respirer de plus en plus mal.

Et vers 2h30 du matin, j’ai eu un premier « flash » dans ma tête. Une image de piscine, d’abord assez floue. Et là, ça a continué à empirer… Énorme réminiscence. Résurgence d’un souvenir qui, plusieurs mois précédemment, était déjà remonté furtivement en séance, une première fois, mais n’était pas allé plus loin.

Voilà : quand j’étais jeune, j’ai failli me noyer à la piscine municipale, un été…

Et c’est ce souvenir que j’ai « revécu » cette nuit-là. Quand le flash est apparu, j’ai même eu un goût de chlore dans la bouche… Puis vers 3h, je me suis levé et tout est ressorti… Comme une asphyxie, un truc de malade… Vraie attaque de panique, identique à celle que j’avais vécue dans cette piscine, au moment de frôler la mort.

J’ai « perdu pied » (dans tous les sens du terme), j’ai « touché le fond » (dans tous les sens du terme), mais il fallait aller jusque-là. Pour me libérer de tout ça, de tout ce qui en moi était resté enfoui, refoulé, enfermé. Aussi profondément dans le corps que dans l’esprit.

Mais le plus dingue dans tout ça, c’est qu’au-delà du souvenir de cet « accident de noyade » en lui-même, je me suis surtout rendu compte que je n’en avais en fait jamais parlé à mes parents, à mon frère, à ma famille

Pour protéger ma mère, pour ne pas à nouveau lui « faire de peine », j’ai gardé tout ça pour moi. Ça faisait donc plus de trente ans que je portais ce secret au fond de moi, et que celui-ci aussi m’avait un peu pourri la vie…

J’ai donc su ce qu’il me restait à faire maintenant : aller voir mes parents pour leur dire que j’avais failli mourir, mais que je n’avais jamais pu leur en parler…

Et c’est ce que j’ai fait, dimanche dernier.

Je leur ai proposé d’aller déjeuner au restaurant. Ça a d’ailleurs failli ne pas se faire car, ce jour-là, mon père avait prévu de partir à la neige. Mais on a quand même pu se retrouver avant son départ et vers la fin du repas, j’ai réussi à leur dire tout ce que je voulais, et d’autres choses encore…

Sauf que je ne m’attendais pas à la révélation que, eux aussi, avaient à me faire. Surtout mon père, justement.

L’Ultime secret de Jean.

  • C’est donc dimanche, il y a sept jours, que j’ai appris que le père de mon père n’était pas son père.
  • Joseph, mon grand-père – et parrain, qui plus est – n’était en réalité pas mon « vrai » grand-père.
  • Mon père, Jean, est un fils illégitime. Un bâtard. Comme Jésus, le plus célèbre bâtard de l’Histoire…

« Mon père n’est pas le fils de Joseph,
comme Jésus n’est pas le fils de Joseph… »

D’aaaaccooooorrrddd ! C’est à cet instant précis que tout s’est rejoint, tout s’est illuminé ! Un vrai Big Bang 😀

« Que la lumière soit, et la lumière fut. » (Premières paroles de Dieu dans La Genèse, au tout début de la Bible…)

  • À partir de là, toutes les pièces du puzzle se sont remises à leur place.
  • Plus que jamais, toute ma vie a recommencé à prendre tout son sens.
  • Toutes les énigmes, contre lesquelles je me débattais, se sont résolues.

[ SPOILER ALERT 🙂 Attention : la fin de l’article dévoile un épisode de GAME OF THRONES – saison 6 ]

Alors j’ai réalisé que, depuis le tout début de cette psychanalyse, mon inconscient n’avait cessé de semer des indices un peu partout ! Comme une réelle « Mécanique de l’ombre », il a envoyé une succession de messages cryptés qui, en fait, convergeaient tous dans la même direction, vers le même point…

La honte d’être un bâtard, ce sentiment que mon père a dû ressentir toute sa vie.
À l’image du personnage de Jon Snow, dans la série Game of Thrones.

Jon Snow… Jean Neige…

Fils biologique d’un notable, d’accord.
Fils illégitime néanmoins, d’abord.

Or, cette honte, mon père prétend – encore aujourd’hui – ne l’avoir jamais ressentie. Vraiment ? Peut-on réellement affronter une telle vérité, enfant, sans en être du tout impacté ? (Ça, j’ai du mal à le croire…)

À moins – bien sûr – que cette honte ait été complètement refoulée, qu’elle ait alors continué à agir en secret, à faire son œuvre, à se transmettre inconsciemment, de père en fils… (Ça, je n’ai plus aucun mal à le croire…) 😉

Désormais, cet encombrant secret de famille, ce non-dit, ce n’est donc plus à moi de le porter sans le savoir.

Comme Jésus, comme Jon, comme Jean (?)… Empli d’un nouveau souffle de vie, je viens de ressusciter aussi.

Et en pleine lumière, j’ouvre les yeux. Ça y est, je me remets à respirer ! Hello World 🙂 Olivier est né…

 

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4 Commentaires

  • Répondre Amandine 7 mars 2017 à 9 h 42 min

    Eblouissant, Olivier !!
    2017 c’est le 1, le départ d’un nouveau cycle. Ces dernières expériences révèlent bien que vous êtes en accord avec le rythme universel pour une nouvelle expansion.
    Bravo et encore bravo pour ce chemin, de l’ombre (des ombres ?) à la lumière. Une belle initiation au plaisir de vivre pleinement.
    Le printemps est là pour y encourager. Prenez !!!

    • Répondre Olivier - Tréma & Trauma 7 mars 2017 à 12 h 15 min

      Merci beaucoup Amandine 🙂 C’est très impressionnant de constater à quel point les mécanismes de l’Univers « coïncident » avec nos fonctionnements les plus intimes !
      À partir de là, il n’y a vraiment plus qu’à se laisser porter… et en profiter. 😉
      Finalement, si ce phénomène doit-être appelé « Dieu », moi ça me va ! Après, est-il pour autant nécessaire de le nommer, de le vénérer, de le prier… ? C’est là tout le mystère !

      • Répondre Amandine 8 mars 2017 à 14 h 20 min

        Et oui, lorsque la connexion s’opère, on peut se laisser aller à la confiance. De même pour nos demandes, lorsqu’elles viennent du cœur.
        Ce phénomène est peut-être Dieu, ou pas… Libre à chacun de lui donner le nom qui lui parle le mieux ! La gratitude est peut-être l’une des plus belles prières 😉

        • Répondre Olivier – Tréma & Trauma 8 mars 2017 à 18 h 04 min

          Je suis 100% d’accord, surtout avec la dernière phrase. Magnifique !

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