Colère & Patience

Le vrai du faux : la fin du fantasme ?

15 novembre 2016
dragon

S’il y a bien une chose que j’ai apprise tout au long de ma thérapie, c’est qu’en psychanalyse, la notion de « fantasme » n’a rien à voir avec celle communément utilisée. Certes, il inclut également une composante de nature sexuelle, mais il est loin de se résumer à ça. Point de pompiers ou d’infirmières par ici, donc…

Cela dit, je serais bien incapable d’en donner une définition exacte, je peux juste essayer de le décrire selon mes mots et mon expérience : notre fantasme est une « histoire » que l’on s’est racontée à nous-même – plus précisément, que notre inconscient nous a fabriquée en secret – pour rendre supportable une réalité qui, à nos yeux, ne l’était justement pas, supportable.

Ainsi, toute notre vie (dans absolument toutes ses dimensions) s’est embarquée, imbriquée dans cette illusion, sans que l’on n’en sache rien. Non bien sûr, on ne se rend compte de rien : on vit à l’intérieur de ce « mirage » en permanence, depuis toujours ou presque. C’est devenu notre réalité.

Mais cette réalité est faussée d’emblée. Elle ment à tout le monde. Elle ment avant tout à nous-même…

Après, selon l’histoire de chacun, ce « mensonge » n’aura pas la même importance, la même influence, le même impact. S’il reste assez petit, il pourra sans doute être géré toute sa vie, sans que ses conséquences – il y en aura forcément – ne deviennent trop gênantes, handicapantes. On fait avec ! Mais s’il est trop gros, s’il prend trop de place, il faudra tôt ou tard agir et le démasquer, avant que l’existence ne devienne réellement invivable.

Voilà tout l’enjeu d’un travail d’introspection : aller à la rencontre de notre fantasme, y faire face, et surtout affronter tout ce qui se cache derrière, tout ce qui nous a fait tellement peur à un moment donné, qu’on n’a pas trouvé d’autre solution que de se réfugier dans un monde factice pour s’en protéger.

Voilà aussi la difficulté d’une telle démarche. Car on se retrouve dans des situations où plus rien n’a de sens, où tous les repères sont brouillés. On se met à douter de tout, tout le temps. En fait, on a l’impression de vivre dans un paradoxe permanent ; à chaque instant, tout est vrai et faux en même temps. Tout et son contraire.

Par exemple, la nuit dernière, j’ai fait le rêve à la fois le plus agréable et le plus désagréable de toute ma vie… (bon, à choisir, je crois que je préfère encore les tsunamis, au moins on sait à peu près à quoi s’en tenir !)

Ainsi, plus on avance sur notre chemin, plus on fait tomber les barrières qui nous empêchaient d’être libres et authentiques, et c’est tant mieux. Mais ces barrières nous servaient aussi, à la base, de barrières de protection. En nous séparant d’elles, on se retrouve inévitablement plus démunis et vulnérables que jamais…

En ce sens, la métaphore de la lutte contre le dragon est très juste dans sa conclusion : au fond, il n’y a alors rien d’autre à faire que de « prendre son mal en patience », puisque le vrai changement est déjà à l’œuvre, inexorablement. Ne reste plus qu’à l’accepter, serrer les dents, prendre sur soi.

Et laisser faire…

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