Colère & Patience

Le « je » de la liberté

16 octobre 2016
cadenas

Quand je suis allé me coucher l’autre soir, mon cerveau a fait une « association d’idées », sortie de je ne sais où, mais qui m’a semblé fort juste.

Voilà : le travail d’introspection que je fais sur moi-même, à travers la psychanalyse, c’est exactement comme le jeu des « Escape Room ». Tu es enfermé dans une pièce dont la porte est bloquée par une multitude de cadenas et de verrous, et tu dois résoudre des énigmes pour les déverrouiller, un par un.  Jusqu’au dernier. Et tant que tu n’as pas résolu la dernière énigme, pour ouvrir le dernier cadenas, tu ne peux pas sortir.

Mais la principale difficulté vient du fait que ces énigmes ne sont pas du tout « intellectuelles », mais purement « émotionnelles ». Ainsi, la tête ne sert absolument à rien pour essayer de les résoudre, bien au contraire ! Il faut arriver à déconnecter le cerveau, l’intellect, la raison… pour accéder à des réponses qui se cachent plutôt dans le cœur ou le ventre, au milieu des souffrances, des blessures et des angoisses… Pas évident !

Par ailleurs, selon ta propre histoire, il y a plus ou moins de cadenas à déverrouiller ; il y en a des petits, des moyens, des gros ; les énigmes à affronter sont plus ou moins difficiles à décrypter. Certaines « lâchent » du premier coup ; pour d’autres, il faut s’y reprendre à plusieurs fois (d’où l’impression, très réelle, de tourner en rond. Mais en fait non, à chaque fois, on débloque quelque chose, même trois fois rien, mais c’est absolument nécessaire, pour les fois d’après…).

C’est long, c’est fastidieux, c’est douloureux, mais il y a toujours la satisfaction d’avancer, de progresser, vers la sortie.

Les cadenas qui sont encore là, en bout de course, sont évidemment les plus résistants, les plus tenaces, les plus durs. Les plus anciens aussi, ceux que tu te traines depuis toujours, ou presque. Que tu n’as jamais réussi à résoudre jusqu’à présent, parce qu’ils font trop mal. Et pourtant, tu n’as pas le choix, il faut t’y confronter, si tu veux pouvoir sortir, une bonne fois pour toutes !

Heureusement, tous les autres verrous que tu as réussi à libérer jusque-là, te font sentir le bon air frais qui circule derrière la porte, et ça te donne le courage de persévérer ! Tu insistes, tu luttes, tu te débats, tu t’épuises, tu n’énerves, tu n’en peux plus, tu pètes un plomb, tu craques, tu t’effondres, tu renonces…

Tu souffles, tu te calmes, tu te poses, tu vas prendre l’air, tu respires, tu profites (quand-même) de l’espace de liberté – certes un peu étriqué – dont tu disposes dans ta « pièce », tu reprends des forces, tu sais que tu as encore grandi un peu (même un tout petit peu) depuis la dernière fois.

Et puis tu te replonges dans la bataille… Jusqu’à ce que tu trouves. Encore et encore, jusqu’à la victoire finale.

Heureusement, surtout, tu n’es pas seul. Il y a avec toi un petit nombre de co-équipiers que tu as croisés dans ta vie, et qui sont là, et qui t’aident, la plupart du temps même sans qu’ils s’en rendent compte.

Dans la vie de tous les jours, ils te donnent des indices, des clés, des pistes. Crucialement précieuses. Parfois au prix de passages un peu plus délicats… Mais il y a toujours quelque chose à en tirer, à en apprendre. Toujours.

Sans cette équipe, tu n’y arriverais pas, comme tu n’y arriverais pas sans toi ! C’est une expérience de vie, enrichissante, bouleversante, surprenante. C’est en tous cas celle que tu as choisie, si tant est que tu aies réellement eu le « choix ».

C’est ta vie. c’est ma vie. Et je sens de plus en plus l’air de la liberté qui m’attire de l’autre côté de la porte ! Quand j’en aurai fini avec ce qui me sépare encore de cette délivrance, je sais que je serai pleinement heureux, tous les jours, vraiment ! En paix avec moi-même. Alors là, je pourrai réellement rencontrer quelqu’un, parce que plus rien – au fond de moi – ne m’en empêchera…

Articles similaires

0 commentaire

Laissez un commentaire

Top